1839...

     1839...C'est généralement sur cette année là que commence tout bon livre sur l'histoire de la photographie...Photographie au sens "démocratisation" de l'activité, avec l'invention de deux procédés quasi-simultanés permettant de fixer les images de façon plus stable...si l'on peut dire : Le "Daguerréotype" de Louis-Jacques-Mandé Daguerre, où l'image était fixée sur une plaque de cuivre recouverte d'une couche d'argent et le procédé négatif-positif de William Henry Fox Talbot. Le Daguerréotype offrait des images incroyablement détaillées et "vivantes"...Mais avait la particularité d'être une œuvre unique, non reproductible...Le procédé de Talbot permettait de travailler sur papier et de reproduire plusieurs fois la même image à partir d'un négatif. Au début peu performant, le procédé de Talbot fut amélioré rapidement au fil des décennies et l'on sait qu'il a fini par remporter les suffrages des photographes, avant que le numérique, à la fin du XX eme siècle, n'amène une nouvelle révolution photographique, somme toute logique dans un monde de plus en plus tourné vers l'image numérique. 

Et oui...certains sont surpris de voir des portraits datés du milieu du XIX eme siècle...La photographie est si "vieille" que ça ! 


"Boulevard du Temple"

     Prise par Daguerre en 1838 à Paris , cette image est considérée comme la première photographie connue d'êtres humains. L'image montre une rue animée, mais parce que l'exposition a duré plusieurs minutes, le trafic mobile n'est pas visible . Dans la partie inférieure gauche , cependant, un homme étant apparemment en train de se faire cirer les chaussures apparaît. Son immobilité ayant laissé suffisamment de temps pour que sa silhouette impressionne la plaque, ainsi que le cireur lui-même. Bien sûr, ces deux hommes n'auront jamais eu conscience de ce privilège !



© Louis-Jacques-Mandé Daguerre - 1838

La Photographie post-mortem ou funéraire

     Voici un genre photographique particulier et qui peut mettre mal à l'aise, je le conçois. Cependant, la photographie n'a été qu'un outil de cette pratique...Avant l'essor de la photographie au XIX eme siècle, il était nécessaire de faire appel à un peintre pour garder un souvenir visuel d'un proche décédé. Peintures souvent longues à réaliser et surtout coûteuses...La photographie a pemis de démocratiser cette pratique, avec un paroxisme à la fin des années 1800. Ce genre d'image nous choquerait vraisemblablement aujourd'hui, d'autant que la forte démocratisation de la photographie permet de nos jours de garder, dans toutes les familles, des portraits réalisés de leur vivant de personnes défuntes. Or, à l'époque, c'était une pratique courante pour garder un souvenir visuel du défunt, en particulier si il s'agissait d'un enfant, leur mortalité étant encore très importante en cette fin de XIX eme siècle.

Telle cette image, dont j'ignore malheureusement l'auteur :


Ce qui pourrait surprendre un observateur attentif en premier lieu et qui ignore l'origine de  cette photo, c'est que les visages des parents sont flous, conséquence d'un temps de pose important...Cependant, on remarque que le visage de leur fille est parfaitement net, parfaitement immobile car sans vie...

Certains photographes faisaient même preuve d'une ingénisoité extrême en utilisant des mécanismes qui permettaient de garder le corps du défunt débout, comme une personne vivante qui pose...Certains ateliers photographiques étaient même spécialisés en la matière. Peut être toute cette mise en scène était exgérée. Mais on peut aisément comprendre cette volonté de garder "vivant" un être cher disparu, renforçant les souvenirs personnels des membres de la famille.